Crise humanitaire dans les Territoires palestiniens Les territoires palestiniens en chiffres
- 3,9 millions d’habitants, dont les trois quarts vivent en dessous du seuil de pauvreté, soit moins de 2$ par jour (Banque Mondiale, 2008). En 2006, 20% de la population avaient moins de 15 ans et 40% étaient au chômage.
- 1,5 million d’habitants à Gaza (dont 3% de colons israéliens), et 2,4 millions d’habitants en Cisjordanie (dont 1/4 de colons)
- Taux de croissance démographique : 3,7%/an
- Taux de fertilité : 5 enfants/femme
- Taux de mortalité infantile : 1,8% à Gaza, 2,2% en Cisjordanie
- Taux d’alphabétisation : 97% chez les hommes, 88% chez les femmes
- Densité de population : 4010 habitants/km² à Gaza, soit la densité de population la plus forte au monde.
L’impact de la situation politique sur le contexte humanitaire
La situation humanitaire dans les territoires occupés palestiniens a connu une forte dégradation depuis la seconde Intifada et la récente scission de fait entre Gaza contrôlée par le Hamas et la Cisjordanie contrôlée par le Fatah. De fait, les attitudes diamétralement opposées de la communauté internationale envers les deux territoires palestiniens accroissent les disparités entre les populations de Cisjordanie et de Gaza.
La
première source de revenu de l’Autorité palestinienne est l’aide internationale, devant les droits de douane collectés par les autorités israéliennes, dont le versement est très dépendant de la situation politique.
Le boycott de l’aide et le gel des taxes douanières après la victoire électorale du Hamas en janvier 2006 ont contribué à accroître l’instabilité intérieure. 160 000 fonctionnaires n'ayant pas été payés pendant trois mois ont fait grève, et ont décrédibilisé un peu plus le Fatah après la chute de Gaza. Le Fatah souffre toujours de la disparition du charismatique Arafat tout en devant gérer les conséquences et la réforme du système clientéliste mis en place par ce dernier.
En Juin 2007, l’Union Européenne et les Etats-Unis ont finalement rétabli leur aide financière directe à l’Autorité Palestinienne. Parallèlement, les violences interpalestiniennes et la prise de contrôle de Gaza par le Hamas ont conduit
Israël à intensifier le blocus de la bande de Gaza.
En janvier 2008, le ministre israélien de la Défense a ordonné la fermeture de tous les points de passage entre Gaza et Israël, une mesure destinée à faire pression sur le Hamas pour que cessent les tirs de roquette en direction des villages frontaliers israéliens. L’asphyxie progressive de Gaza sur laquelle compte Israël pour affaiblir le mouvement islamiste a pour l’instant uniquement entraîné une
dégradation de la situation humanitaire dont les premiers à pâtir sont les civils.
L’économie palestinienne a décru de 7 à 10% en 2006, tandis que la dépendance envers l’aide extérieure a atteint des niveaux record.
Depuis le blocus, 95% des usines gazaouies ont du fermer, et
40% de la population est aujourd’hui au chômage.
Dégradation de la situation à Gaza
L’impact du blocus énergétique
Depuis la prise de contrôle de la bande de Gaza par le Hamas en juin 2007, une
détérioration de la situation humanitaire est encore à craindre, comme le soulignent les agences de l’ONU encore présentes sur place. L’embargo économique, la suppression de l’aide à destination de la nouvelle administration islamique, les coupures d’électricité et d’eau courante affectent notamment le bon fonctionnement des hôpitaux et la santé des civils palestiniens. Selon les organisations humanitaires, les hôpitaux sont confrontés à des coupures d’électricité qui atteignent 12 heures par jour.
Les organisations humanitaires ont ainsi dénoncé les
coupures d’électricité qui affectent la conservation des vaccins et autres biens et vivres de première nécessité.
Mais le blocus sur les ressources énergétiques de Gaza comme l’essence et l’électricité empêche également les organisations humanitaires présentes sur place d’effectuer des opérations aussi essentielles que l’assainissement de l’eau. En avril 2008, l’Agence des Nations Unies pour l’aide aux réfugiés palestiniens (UNRWA) a dû stopper ses activités de ramassage des ordures faute de carburant.
A Gaza, les populations manquent cruellement d’eau potable, et
les colons israéliens (3% de la population de Gaza) captent 80% des maigres ressources en eau du territoire pour arroser leurs plantations et remplir les piscines. L’accès aux soins médicaux (notamment dans les hôpitaux et particulièrement dans les services obstétriques) sont encore problématiques et plusieurs responsables humanitaires ont dénoncé les risques d’épidémies, surtout à Gaza où la concentration de population est extrêmement importante.
La dépendance alimentaire
La consommation de certains produits comme la viande est également devenue difficile sans électricité, affectant ainsi la santé des plus fragiles. L’état de santé des enfants palestiniens est d’ailleurs particulièrement préoccupant : 25 % des enfants de moins de 5 ans souffrent d’anémie, ainsi que 33% des femmes enceintes.
La malnutrition et les maladies diarrhéiques sont ainsi la première cause de mortalité chez les jeunes enfants. D’après les organisations onusiennes, PAM et FAO, 80% des Palestiniens de Gaza dépendent totalement de l’aide alimentaire, contre 63% en juin 2006.
L’impact du conflit sur les enfants

Les enfants vivant dans les territoires palestiniens souffrent de la situation à tous les niveaux, en premier lieu au niveau sanitaire. 330 000 d’entre eux ne peuvent pas assister normalement à leurs cours du fait des incursions d’Israël ou des affrontements entre Palestiniens. Beaucoup d’entre eux souffrent également de troubles psychologiques révélés par des incontinences nocturnes (20% des enfants de Gaza).
L’impact sur les enfants est même perceptible avant leur naissance si l’on en juge le nombre de naissances prématurées :
15% des enfants naissent avant le terme prévu, à cause du stress vécu par les mères.
Perspectives
Un règlement global du conflit, qui permettrait de gérer au mieux la crise indépendamment des tensions politiques, n’est toujours pas en vue. La délimitation des territoires, et surtout le droit au retour des 4,3 millions de réfugiés (recensés depuis 1948 par l’UNRWA) et des 20 000 personnes déplacées par la construction du mur autour de la Cisjordanie restent des obstacles majeurs à la résolution du conflit israélo-palestinien.
Pour l’instant, l’absence de médiateur occidental en faveur du Hamas oblige le mouvement d’Aniyeh à recourir à un financement exclusivement d’origine islamique (majoritairement de pays où l’islam est la religion d’Etat), ce qui risque de creuser encore la fracture politique entre les deux entités palestiniennes. Sans solution rapide et durable, les espoirs de paix risquent d’être réduits à néant.
Actualité
Suite à l'offensive lancée le 27 décembre 2008 par Israël dans la bande de Gaza, plus de 1300 Palestiniens ont été tués (dont 65% de civils et 410 enfants) et il y a eu plus de 5000 blessés. Les raids et les bombardements ont aussi détruit des centaines d’habitations, plusieurs écoles (dont des écoles de l’Onu) ainsi que des hôpitaux.
L’aide d’urgence sur place est entravée par les combats et les hôpitaux encore debout sont débordés et mal équipés. L’offensive a provoqué de graves pénuries de denrées alimentaires, de carburant, d’eau courante et a créé des coupures d’électricité, tandis que des milliers de tonnes d’aide humanitaire sont bloquées ou en attente aux contrôles de passage.
Plusieurs ONGs ont lancé un appel d’urgence et ont demandé le respect de l’espace humanitaire. En effet, le corridor humanitaire est inadéquat et mal sécurisé pour les opérations de secours nécessaires. Ce blocage crée une réelle crise humanitaire sur le terrain en termes d’accès aux soins de santé de base, aux denrées alimentaires et à l'eau.
Vision du Monde, de son côté, appelle à la protection des civils, particulièrement des enfants, qui sont les plus vulnérables. Vision du Monde s’inquiète en effet des conséquences psychologiques que subissent les enfants en plus des blessures physiques : insomnies, nervosité, stress, angoisse, agressivité, maux de tête ou de ventre, peur et sentiment d’insécurité constant.
Vision du Monde France a participé à hauteur de 20 000 dollars, à l'effort humanitaire à Gaza. Aujourd’hui Vision du Monde Cisjordanie-Gaza aide plus de 3000 personnes dans la Bande de Gaza en distribuant des kits d’urgence pour les familles. Les kits contiennent des boîtes de conserve, du thé, des biscuits, des couvertures et des kits d’hygiène ainsi que des brochures de mise en garde contre les missiles non-explosés.
Pour lire l'Appel de World Vision